Vous possédez un condo à Pattaya ou Jomtien, vous regardez Airbnb, vous voyez des logements similaires au vôtre se louer 1 500 à 2 500 bahts la nuit, et vous pensez : « Ça vaut le coup de tenter. » L’idée est compréhensible. La ville attire des voyageurs toute l’année, les séjours de moins de 30 jours sont nombreux, et une annonce se crée en quelques minutes.
Le problème, c’est que la publication d’une annonce Airbnb à Pattaya pour des séjours courts est justement beaucoup plus simple que ce qui suit. Le Hotel Act thaïlandais, le règlement de votre résidence, les exigences du juristic office et les obligations administratives sont des sujets que beaucoup de propriétaires découvrent après coup — c’est-à-dire au mauvais moment.
Cet article n’est pas là pour décourager la location. Il est là pour vous éviter de gérer à 9 000 kilomètres des problèmes que vous n’aviez pas vus venir.
Le vrai sujet n’est pas Airbnb, c’est la durée du séjour
Une confusion revient souvent chez les propriétaires qui s’informent sur ce sujet. Airbnb n’est pas le problème en soi. Airbnb est une plateforme de mise en relation. Ce qui compte juridiquement, c’est la nature de l’activité que vous exercez : un hébergement temporaire, contre paiement, ouvert à des voyageurs, sur une courte période.
Le Hotel Act B.E. 2547 définit notamment l’hôtel comme un établissement exploité à des fins commerciales pour fournir un logement temporaire à des voyageurs ou à d’autres personnes contre rémunération. Le même texte exclut de cette définition les hébergements facturés au mois ou au-delà. C’est précisément là que le seuil de 30 jours prend tout son sens.
Une location à la nuit ou à la semaine, répétée et ouverte au public, ressemble structurellement à une activité hôtelière. Une location mensuelle est, en principe, moins exposée à cette qualification. Ce n’est pas une interprétation : c’est la logique du texte de loi lui-même.
La conclusion pratique est simple : louer son condo pour 3 nuits ou pour 45 jours ne présente pas le même niveau de risque légal. Et ce n’est pas une nuance anodine.
Ce que le Hotel Act prévoit concrètement
Le Hotel Act prévoit qu’une personne ne peut pas exploiter une activité hôtelière sans licence délivrée par le Registrar. Les sanctions prévues pour exploitation sans licence comprennent jusqu’à un an d’emprisonnement, une amende pouvant atteindre 20 000 bahts, et une amende journalière supplémentaire de 10 000 bahts pendant toute la durée de l’infraction.
Ces chiffres ne sont pas là pour alarmer gratuitement. Ils sont là pour rappeler que la location courte durée en Thaïlande n’est pas une zone grise sans conséquence. Des propriétaires et des gestionnaires ont déjà été concernés par ces procédures, notamment dans des affaires documentées en Thaïlande au cours des dernières années.
Ce que le texte ne fait pas, en revanche, c’est trancher automatiquement tous les cas. La frontière entre « location résidentielle mensuelle sur Airbnb » et « activité hôtelière non licenciée » dépend de la durée, de la fréquence, du caractère commercial de l’activité et, in fine, de l’appréciation des autorités compétentes. C’est précisément pourquoi les propriétaires sérieux vérifient leur situation avant d’ouvrir un calendrier, pas après.
Permis d'hôtelerie et exemption ( source Airbnb )
Demander un permis d'hôtel
Vous devrez peut-être faire une demande de permis d'hôtel auprès du Department of Provincial Administration (DOPA) si votre logement n'est pas éligible à une exemption (voir plus bas). L'exploitation d'une entreprise hôtelière sans permis peut entraîner des peines d'emprisonnement et des amendes pénales. Conformément à la loi sur l'hôtel, B.E. 2547 (2004) [TH, EN], articles 15 et 59, la peine peut inclure une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 1 an, une amende ne dépassant pas 20 000 bahts, ou les deux. En outre, il peut y avoir une amende quotidienne d'au plus 10 000 bahts pendant toute la durée de l'infraction.
Pour bénéficier d'une licence d'hôtel, certains critères doivent être respectés, y compris, mais sans s'y limiter, l'emplacement du logement, la disponibilité de l'accès téléphonique, la mise en œuvre des systèmes de sécurité et la possession d'un permis de construire valide. Vous trouverez plus d'informations dans le règlement ministériel sur les types et critères des entreprises hôtelières ฺB.E. 2551 (2008) et (n ° 2) B.E. 2566 (2023).
Des informations sur la procédure et les documents et preuves nécessaires pour obtenir un permis d'hôtel sont disponibles ici.
Demander une exemption à un permis d'hôtel
Conformément au règlement ministériel de 2023 sur les types et les critères des entreprises hôtelières (n ° 2) [TH], un hébergement est considéré comme un hébergement non hôtelier et ne nécessite pas de licence d'hôtel si :
dispose de huit chambres ou moins ;
peut accueillir une trentaine de voyageurs au maximum ; et
sert d'hébergement temporaire pour gagner un revenu.
Si vous êtes éligible à cette exemption, veuillez en informer les autorités locales en remplissant le formulaire ici.
Les hôtes proposant des hébergements en vertu de cette exemption doivent tout de même signaler leur activité d'hôte aux autorités locales compétentes. Un défaut de signalement peut entraîner des amendes et des pénalités importantes.
Si la propriété est située à l'extérieur de Bangkok, l'activité doit être signalée au bureau du gouverneur provincial via le bureau de district local où se trouve la propriété.
Si le logement est situé à Bangkok, il doit être signalé au Département de l'administration provinciale à l'adresse suivante :
Division de l'entretien des commandes 3
Bureau de l'enquête et des affaires juridiques
Département de l'administration provinciale
442 Nakornsawan Road, Kwaeng Si Yak Maha Nak, Khet Dusit
Bangkok 10300
Votre résidence peut bloquer ce que la loi ne bloque pas encore
Même si une location mensuelle est moins risquée au regard du Hotel Act, elle reste soumise au règlement intérieur de votre copropriété. Et ce règlement peut être plus restrictif que la loi elle-même.
Le Condominium Act encadre le fonctionnement des copropriétés en Thaïlande. Il prévoit notamment que le règlement peut définir les conditions d’usage des parties privatives et communes, et que le juristic condominium est chargé de faire respecter ces règles. Concrètement, le juristic office peut encadrer l’accès des occupants, imposer un enregistrement à l’arrivée, fixer une durée minimale de location, ou simplement refuser les rotations fréquentes de voyageurs si cela est prévu dans le règlement.
Les situations varient fortement selon les zones. À Wongamat ou Naklua, certaines résidences ont une vocation résolument résidentielle et supportent mal les allées et venues hebdomadaires de touristes – même légalement tolérées. À Jomtien ou Pratumnak, d’autres copropriétés sont plus habituées aux propriétaires étrangers et aux locations de moyen terme. Mais dans tous les cas, c’est le règlement de votre résidence spécifique qui s’applique, pas la réputation générale du quartier.
La seule façon de savoir ce que votre résidence autorise, c’est de poser la question directement au juristic office – et de noter la réponse. Pas d’interroger un voisin, pas de supposer que « ça doit être comme la résidence d’à côté ».
Le piège classique : l’annonce est en ligne, la résidence dit non
Ce scénario se reproduit régulièrement. Un propriétaire ouvre son calendrier sur Airbnb avec des séjours à partir de 5 ou 7 nuits. Les premières réservations arrivent. Puis la résidence signale que les locations de moins d’un mois ne sont pas autorisées. Ou pire : un voyageur se présente à la réception, la sécurité ne trouve pas son nom, personne ne peut confirmer l’accès, et le propriétaire est injoignable à 23h en France.
À partir de là, le problème n’est plus seulement réglementaire. Il faut annuler des réservations, expliquer la situation aux voyageurs, répondre au juristic office, peut-être régulariser une situation auprès de la résidence, reconfigurer l’annonce, et reprendre tout depuis le début. Depuis Paris ou Lyon, avec le décalage horaire et sans interlocuteur local, c’est une gestion chronophage et stressante pour un bien censé générer un revenu passif.
Éviter ce scénario ne demande pas de compétence extraordinaire. Cela demande simplement de poser les bonnes questions avant de publier, pas après avoir reçu les premières réservations.
Les trois vérifications à faire avant toute publication
Avant d’ouvrir un calendrier Airbnb sur un condo à Pattaya, la situation doit être claire sur trois niveaux distincts — et ils sont tous les trois nécessaires.
Le niveau légal d’abord : la durée de séjour envisagée entre-t-elle dans le champ d’application du Hotel Act ? Une location mensuelle ou de 30 jours minimum est généralement moins exposée. Des séjours à la nuit ou à la semaine, répétés, sur un mode commercial, méritent une vérification plus sérieuse avant toute publication.
Le niveau résidence ensuite : le règlement de votre copropriété autorise-t-il la durée que vous envisagez ? Faut-il enregistrer les locataires à l’accueil ? Des documents sont-ils exigés ? Y a-t-il des restrictions sur l’accès à la piscine ou au parking pour les locations courtes ? Ces réponses doivent venir du juristic office de votre résidence, par écrit si possible.
Le niveau opérationnel enfin : qui assure concrètement la remise des clés, le contrôle avant arrivée, la gestion des documents, le lien avec la résidence et le suivi après départ ? Pour un propriétaire vivant en France, cette question est souvent la plus difficile à résoudre — et la plus coûteuse à ignorer.
Si l’un de ces trois niveaux reste flou, il vaut mieux attendre d’avoir une réponse claire avant de publier. Un calendrier Airbnb ouvert trop vite sans organisation locale peut transformer une bonne idée de location en source permanente de petits problèmes mal gérés.
Location mensuelle : plus prudente, mais pas automatiquement simple
Beaucoup de propriétaires retiennent une règle simple : moins de 30 jours, risqué ; 30 jours ou plus, sans problème. C’est une bonne base de réflexion. Ce n’est pas une dispense de vérification.
Une location mensuelle est moins susceptible d’être qualifiée d’activité hôtelière au sens du Hotel Act. Mais elle doit toujours respecter le règlement de résidence, les conditions d’accès, et les obligations liées à l’hébergement d’un étranger — notamment la question du TM30.
Quand un étranger séjourne dans un logement en Thaïlande, la notification de résidence peut être requise auprès de l’autorité compétente dans les 24 heures suivant l’arrivée. Pour un propriétaire en France, le problème n’est pas de connaître le terme TM30 — c’est de savoir qui collecte les informations du locataire, qui conserve les copies, qui fait la démarche si nécessaire, et qui répond si le locataire en a besoin pour une extension de visa. Sur une location mensuelle, ces points sont plus faciles à organiser que sur des rotations courtes. Mais ils ne se gèrent pas seuls depuis l’autre bout du monde.
Par ailleurs, une résidence peut très bien accepter les locations d’un mois minimum tout en imposant un enregistrement formel, un contrat écrit, une copie de passeport et une validation préalable du locataire. L’accord de principe de la résidence ne suffit pas : l’organisation de l’arrivée doit être anticipée, pas improvisée le jour J.
Enregistrement des voyageurs étrangers ( source AirBnb )
L'article 38 de la loi sur l'immigration B.E. 2522 (1979) exige des hôtes qu'ils en informent le Bureau d'immigration thaïlandais, la police royale thaïlandaise ou les bureaux locaux de l'immigration où un étranger séjourne soit par notification en ligne, soit en utilisant le formulaire TorMor. 30. Cette notification doit être effectuée dans les 24 heures suivant l'arrivée du voyageur étranger. Le non-respect de cette obligation de notification peut entraîner une amende pouvant aller jusqu'à 2 000 THB. Veuillez consulter ce processus étape par étape et le site web du Bureau de l'immigration thaïlandais pour plus de détails.
Ce qu’un relais local change réellement
La conciergerie de Pattaya n’a pas vocation à remplacer un avocat spécialisé en droit thaïlandais, ni à promettre qu’un condo peut être loué dans des conditions que la loi ou la résidence n’autorisent pas.
Le rôle d’une conciergerie est plus concret et plus immédiatement utile : vous aider à comprendre la situation réelle de votre condo, à organiser une location propre si les conditions sont réunies, et à gérer les aspects opérationnels que vous ne pouvez pas piloter depuis la France.
Cela peut concerner la vérification des règles pratiques de la résidence, la coordination avec le juristic office avant une arrivée, la remise des clés et le nettoyage du logement, la récupération des documents nécessaires, le suivi photo après chaque passage, ou simplement la capacité à répondre rapidement quand un problème survient — sans que vous ayez à vous lever à 4h du matin pour un badge qui ne fonctionne plus.
Pour aller plus loin sur la gestion opérationnelle d’une location à distance, la page Gestion de condo à Pattaya détaille les services disponibles pour les propriétaires francophones absents. Et si la question du check-in et de la remise des clés vous préoccupe, la page Remise des clés à Pattaya explique pourquoi ce moment est souvent plus complexe qu’il n’y paraît.
Mieux vaut vérifier avant de publier
Louer son condo à Pattaya ou Jomtien sur Airbnb peut être une décision pertinente. Mais les séjours de moins de 30 jours sont un terrain sensible en Thaïlande, et les propriétaires qui s’y lancent sans vérification préalable prennent un risque qu’ils ne mesurent souvent qu’après coup.
Le propriétaire qui vit en France n’a pas seulement besoin de réservations. Il a besoin d’une organisation qui tient dans la durée : règles vérifiées, résidence informée, locataires suivis, accès organisés, problèmes traités avant de devenir des urgences.
Si vous souhaitez louer votre condo à Pattaya, Jomtien, Pratumnak, Wongamat ou Naklua, et que vous voulez d’abord faire le point sur ce que votre résidence autorise réellement et sur ce qu’une organisation locale propre peut ressembler, vous pouvez nous expliquer votre situation.
Un premier échange suffit souvent à comprendre si votre projet est immédiatement réaliste, s’il doit être ajusté, ou s’il vaut mieux envisager une autre forme de gestion.
Questions fréquentes sur la location courte durée
La location de très courte durée en Thaïlande peut entrer dans le champ d’application du Hotel Act B.E. 2547, qui exige une licence pour exploiter un hébergement touristique commercial. Les séjours de moins d’un mois sont plus exposés que les locations mensuelles. Il est conseillé de vérifier la situation avec un professionnel du droit local avant toute publication.
Une location mensuelle est moins susceptible d’être qualifiée d’activité hôtelière, mais elle doit quand même respecter le règlement de votre résidence et les obligations administratives locales, notamment la déclaration des occupants étrangers (TM30). Ce n’est pas une garantie automatique.
Oui, s’il applique un règlement de copropriété qui limite ou interdit les locations courtes durées. Ce règlement prime sur votre usage personnel du bien. Avant d’ouvrir une annonce, il faut vérifier ce que permet réellement votre résidence.
Le juristic office peut exiger l’arrêt immédiat, notifier le propriétaire, refuser l’accès à l’occupant, ou appliquer les sanctions prévues dans le règlement. Dans les cas graves, la copropriété peut engager une procédure légale.
Non, mais il faut absolument un relais local fiable. Remise des clés, contrôle du logement, gestion des imprévus, lien avec la résidence : ces tâches ne peuvent pas être gérées correctement depuis la France sans organisation locale.



